Fès et Chefchaouen étaient les deux premières villes de notre voyage au Maroc. C’est ici, au cœur du Nord marocain, que nous avons pris notre premier grand bain de culture.
Si vous cherchez une rupture immédiate avec le quotidien, vous êtes au bon endroit : dès les premières heures, le dépaysement est total.
À peine descendus de l’avion, le ton était donné : notre chauffeur, envoyé par le Riad pour le transfert, nous a accueillis en short et claquettes. Ce style très décontracté, associé aux paysages si différents et au rythme de vie local, nous a plongés d’emblée dans une ambiance loin de notre vie parisienne.
Une fois arrivés à Fès, le choc s’est poursuivi avec la densité incroyable de la médina, ses ruelles étroites et ses pratiques commerciales très directes – parfois déstabilisantes quand on n’y est pas habitué. Mais derrière cette intensité, nous avons découvert une hospitalité sincère qui rendait l’immersion unique.
C’est ici que notre aventure a réellement commencé, marquant le point de départ d’un périple plus vaste. Si vous arrivez directement sur cet article, je vous invite à consulter mon article « Voyage circuit au Maroc à la Toussaint : Fès, Chefchaouen, désert de Merzouga, Marrakech et Casablanca » pour découvrir l’organisation et les conseils concrets de ce voyage de 8 jours, de Fès jusqu’à Casablanca.
Prêts pour l’immersion ? On commence par la visite de Fès et puis la visite de Chefchaouen avant de vous donner quelques conseils pratiques pour votre séjour au Maroc.
Sommaire
ToggleFondée au IXᵉ siècle, Fès est souvent présentée comme la capitale culturelle et spirituelle du Maroc. La ville a longtemps été un centre majeur de savoir, d’artisanat et de religion, et elle conserve aujourd’hui encore une place particulière dans l’histoire du pays. Sa médina, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, en est l’illustration la plus évidente, notamment lorsqu’on commence à la parcourir à pied.
En nous promenant dans ses ruelles, nous avons rapidement remarqué l’omniprésence de l’artisanat. De nombreuses tanneries sont toujours en activité au cœur même de la vieille ville, et les boutiques de vente de produits en cuir y sont particulièrement nombreuses.
En effet, Fès est réputée depuis des siècles pour ses métiers traditionnels, transmis de génération en génération, et le travail du cuir fait clairement partie de son identité. Nous avons constaté que cette activité artisanale, restée très vivante, structure encore aujourd’hui une grande partie de la médina et donne un aperçu concret de l’importance historique de la ville.
Dès nos premiers pas, la médina nous a donné l’impression d’être un véritable labyrinthe à ciel ouvert. C’est une expérience fascinante, mais la désorientation arrive très vite : il est extrêmement facile de s’y perdre. Le réseau de ruelles est si dense et sinueux qu’un plan papier devient rapidement insuffisant pour s’y retrouver.
En effet, à notre arrivée, notre hôte nous avait gentillement fourni un plan imprimé ainsi qu’une carte SIM locale. Cependant, nous avons vite constaté que le plan était presque impossible à exploiter.
Nous avons alors décidé de le mettre de côté pour demander directement notre chemin aux habitants afin de dénicher la boutique qui permettait de recharger la carte SIM. Ce fut l’élément salvateur de notre visite : une fois la connexion activée, Google Maps nous a guidés pour le reste de la journée. Nous avons d’ailleurs découvert que le prix des crédits était très bas : une recharge de 5 € nous a suffi pour l’intégralité de notre voyage.
Une fois cette logistique réglée, nous avons enfin pu savourer l’atmosphère unique de la médina. Le fait de voyager à la Toussaint a été un vrai plus pour cette déambulation. Comme nous étions hors haute saison, il y avait beaucoup moins de monde dans les rues. Cette fluidité nous a permis de profiter d’une ambiance plus calme, idéale pour flâner et observer les détails de l’architecture sans être emportés par le flux constant des passants.




C’est au détour de ce dédale, plus apaisé, que nous sommes passés devant la célèbre mosquée Al Quaraouiyine.
Il est quasiment impossible d’en avoir une vue d’ensemble tant elle se fond totalement dans le labyrinthe des ruelles environnantes. Et elle n’est pas ouverte au public comme beaucoup de mosquées au Maroc, ce que nous trouvons un peu dommage. Nous avons tout de même pu apercevoir la cour intérieure depuis l’une des portes et en prendre une photo : le décor y est vraiment magnifique.
Cette frustration a été compensée plus tard dans notre voyage, puisque nous avons pu visiter la Grande Mosquée de Casablanca. Cette étape nous a permis de mieux comprendre cette dimension religieuse et architecturale que nous n’avions pu qu’effleurer à Fès.
Pour en savoir plus sur cette visite mémorable, consultez mon article : Que visiter à Casablanca et Marrakech lors d’un premier voyage au Maroc ?
La médina de Fès abrite plusieurs tanneries, véritables poumons économiques de la vieille ville, et leur visite est presque systématiquement présentée comme « gratuite » par les locaux qui vous abordent. Dans la réalité, l’objectif commercial est très clair dès que l’on franchit le seuil d’une boutique donnant sur les cuves.
Lors de notre passage, nous avons pu accéder à l’une de ces terrasses qui surplombaient les bassins de tannage.
La vue était impressionnante : un panorama sur la médina et sur une multitude de cuves rondes, remplies de liquides aux couleurs variées, où le cuir était travaillé selon des méthodes traditionnelles. Nous avons aussi aperçu de nombreux touristes sur les terrasses voisines, venus observer la scène depuis des bâtiments alentours.
En effet, plusieurs tanneries se partagent ces bassins, chacune disposant de son propre accès et de sa boutique attenante.
La personne qui nous accompagnait nous a expliqué le processus de fabrication en quelques minutes, avant de nous laisser circuler librement pour prendre des photos. L’odeur était très forte, difficile à ignorer, mais cela faisait aussi partie de l’expérience et du caractère authentique du lieu.
Après cette visite rapide, nous avons été conduits dans la boutique, située juste à côté des terrasses. Les produits semblaient de qualité : coussins, sacs, ceintures, poufs… mais les prix annoncés étaient exorbitants.
Nous savions qu’il fallait négocier au Maroc, mais là, les montants de départ étaient tellement élevés qu’il était impossible d’engager une discussion raisonnable. Nous avons donc préféré partir sans rien acheter.
C’est à ce moment-là que l’on nous a demandé de payer la visite. Nous avons refusé. Elle avait été présentée comme gratuite dès le départ, et, honnêtement, le service rendu se limitait à quelques explications rapides, sans véritable accompagnement, en dehors de la tentative de vente.
Mon avis avec le recul : Les tanneries font partie de l’histoire et de la culture de Fès, et la visite vaut le coup pour comprendre ce savoir-faire traditionnel. En revanche, il est important d’y aller en étant bien informé : ne vous sentez obligé ni d’acheter, ni de payer. Savoir dire non, calmement mais fermement, fait aussi partie de l’expérience.
Dormir dans la médina de Fès faisait partie de nos envies pour vivre le Maroc de l’intérieur. Nous avions choisi un riad typique, en plein cœur de la vieille ville, pour son authenticité.
À notre arrivée, nous avons reçu un accueil formidable qui nous a immédiatement plongés dans l’hospitalité marocaine. Notre hôte nous a servi un thé à la menthe accompagné de gâteaux orientaux directement dans le patio. C’était une superbe expérience et une véritable parenthèse de calme après le vol et le transport depuis l’aéroport.
C’est pourtant dans ce cadre magnifique que nous avons peu à peu réalisé les limites de ce type d’habitat traditionnel. Si le patio est le cœur battant du riad, l’architecture fermée sur l’extérieur pose des défis concrets en termes de confort.
On nous avait d’abord installés dans une chambre au rez-de-chaussée, mais nous l’avons trouvée peu agréable à l’usage : l’humidité y était très marquée et le manque d’aération naturelle se faisait sentir. Heureusement, notre hôte s’est montré très arrangeant et nous a permis de changer pour une chambre à l’étage, ce qui a rendu nos nuits un peu plus plaisantes.
Au-delà de l’humidité, l’isolation phonique reste souvent le point faible de ces bâtiments anciens où chaque bruit de couloir résonne.
Dormir dans la médina est une expérience à part entière, mais à choisir en connaissance de cause : c’est très authentique, mais cela implique d’accepter certains compromis sur le confort et le bruit.
L’ambiance le soir dans la médina est aussi un point important à prendre en compte. En dehors des zones animées, les rues deviennent très calmes, parfois presque désertes, avec une présence essentiellement masculine.
Cela peut être déstabilisant, et je ne recommanderais pas forcément ce type d’hébergement à des femmes voyageant seules. C’est un aspect à anticiper selon votre propre sensibilité et votre envie d’immersion totale.
Après une journée d’immersion à Fès, nous avions planifié une visite guidée pour découvrir Chefchaouen, la cité bleue.
Si la ville est mondialement connue pour ses dégradés de bleu qui inondent les réseaux sociaux, nous ne voulions pas nous contenter de l’aspect purement esthétique ou de simples clichés pour Instagram. Nous avions conscience que nous risquerions de passer à côté de son histoire et de ses particularités si nous la visitions seuls.
Avec le guide, nous avons pu apprendre de nombreuses anecdotes et découvrir le contexte historique de la ville, ce qui nous a permis de comprendre sa fondation et son évolution. Au-delà des explications culturelles, cet accompagnement nous a offert un parcours fluide : nous avons traversé tous les lieux d’intérêt et les coins les plus pittoresques sans avoir à chercher notre chemin dans le dédale des ruelles. Nous avons ainsi pu découvrir des recoins cachés que nous n’aurions sans doute jamais trouvés seuls.
Cette approche guidée a donné une vraie profondeur à notre visite, en plus d’une promenade photographique classique.
L’une des premières questions qui vient à l’esprit en déambulant dans les ruelles est évidemment : pourquoi ce bleu ? Durant notre visite, nous avons appris qu’il n’existe pas une explication unique, mais plutôt un mélange de traditions et de raisons pratiques.
L’explication la plus ancrée remonte à l’arrivée des réfugiés juifs dans les années 1930, pour qui le bleu symbolisait le ciel et le divin. D’autres théories soutiennent que cette couleur permet de garder les maisons au frais ou d’éloigner les insectes.
Aujourd’hui, si la tradition se perpétue, elle répond surtout à une réalité touristique évidente. L’entretien de ces façades demande d’ailleurs un travail constant – nous avons appris que les habitants repeignent leurs murs plusieurs fois par an pour maintenir l’éclat de la ville.
D’ailleurs, c’est peut-être parce que l’effort d’entretien est considérable que le bleu n’était pas présent partout dans la ville, ni même toujours du sol au plafond. C’est un détail qu’on ne peut pas vraiment imaginer tant qu’on n’est pas sur place.
Avant d’arriver, j’imaginais Chefchaouen comme un petit village, à l’image de certains villages médiévaux en France, et entièrement bleu. En réalité, la ville s’est révélée assez étendue, et toutes les zones n’étaient pas bleues, ce qui se remarquait particulièrement lorsqu’on l’apercevait de loin, depuis la route.
Le bleu se concentrait surtout dans certaines parties de la médina, devenues emblématiques.
Une fois dans la médina, selon les rues, le bleu apparaît surtout par touches sur les façades. Les photos vues sur Internet peuvent être trompeuses : avec un bon cadrage, on a vite l’impression d’une immersion totale, alors qu’en réalité, ce sont plutôt des coins bien choisis qui créent la magie.
Mieux vaut donc venir pour chercher de superbes spots photo plutôt qu’une ville uniformément bleue partout.
Une fois cette réalité acceptée, l’ambiance dans la médina était paisible, avec quelques petits stands artisanaux, des chats tranquilles, et pas grand monde dans les ruelles (hors saison). Par moments, on avait vraiment l’impression que le temps s’était arrêté.
Au-delà des monuments et des paysages, ce sont souvent des détails inattendus qui forgent les souvenirs d’un voyage. Pour nous, l’une des découvertes les plus marquantes a été l’omniprésence des chats dans les rues marocaines.
Ils font partie intégrante du paysage urbain. Nous en avons croisé un nombre impressionnant dans presque toutes les villes que nous avons visitées : que ce soit dans la médina de Fès, les ruelles bleues de Chefchaouen ou l’effervescence de Marrakech. Il n’y a peut-être qu’à Casablanca, plus moderne et étendue, qu’ils nous ont semblé un peu moins nombreux.
Dans la médina de Fès, les chats étaient partout. On les voiyait déambuler tranquillement entre les étals, faire la sieste sur le toit des maisons ou sur le rebord d’une fenêtre sculptée. Un soir, nous avons même été surpris de les voir en train de fouiller les poubelles : ici, ce sont eux que l’on croise à la nuit tombée, et pas les rats comme en France !
Au Maroc, l’acte d’achat est bien plus qu’une simple transaction : c’est un échange, et la négociation fait partie intégrante de la culture locale. Si vous n’êtes pas habitués, cela peut être intimidant, mais avec quelques règles de base, on se prend vite au jeu.
Pour éviter les déceptions et payer le « juste prix », voici ce que nous avons appliqué :
En suivant ces astuces, nous avons réussi à dénicher des produits avec un excellent rapport qualité/prix. L’exemple le plus frappant reste celui du pouf et de la ceinture en cuir. Aux tanneries, on nous en proposait 450 € ! En nous éloignant un peu dans une boutique plus excentrée de la médina, nous avons trouvé notre bonheur chez Yassin.
Pour exactement le même niveau de qualité, nous avons payé 30 € pour l’ensemble (pouf + ceinture). La différence est incroyable et montre bien l’intérêt de sortir des sentiers battus.
Un autre exemple ? Des babouches en cuir de super qualité négociées entre 10 et 12 € la paire à Casablanca.
L’astuce qui marche : N’hésitez pas à faire semblant de partir si le prix ne vous convient pas ; c’est souvent à ce moment-là que le vendeur fait son effort ultime. Et si vous achetez plusieurs articles, demandez systématiquement une remise groupée !
Ce ddébut de circuit à Fès et à Chefchaouen ont donné le ton de notre voyage. Une immersion directe, sans filtre, entre médinas animées, négociations parfois sportives et ruelles bleutées baignées de lumière.
Nous avons découvert un Maroc vivant, contrasté, parfois intense, parfois paisible. Un Maroc qui demande d’observer, de s’adapter et de comprendre ses codes : que ce soit pour se repérer dans un labyrinthe de ruelles ou pour discuter un prix dans une boutique.
Cette première étape nous a sortis de notre zone de confort, mais c’est justement ce qui l’a rendue mémorable. Elle a posé les bases de la suite du voyage, avec déjà cette impression d’être ailleurs, vraiment ailleurs.
Et l’aventure ne faisait que commencer. Prochaine étape : la traversée du Moyen Atlas pour rejoindre les portes du Sahara.
Si vous avez déjà visité Fès ou Chefchaouen, ou si vous préparez un voyage dans le nord du Maroc, n’hésitez pas à partager votre expérience ou à poser vos questions en commentaire. Les retours et échanges font aussi partie du voyage !
Voyager au Maroc à la Toussaint est l’occasion de découvrir le pays autrement. À travers un voyage circuit sur mesure, de Fès à Casablanca en passant par Chefchaouen, le désert de Merzouga et Marrakech, nous avons construit un itinéraire équilibré, mêlant organisation, liberté et découvertes culturelles.
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