Fil en Voyage

Voyage organisé au Maroc : du désert de Merzouga à Aït Ben Haddou

Voyage organisé au Maroc : Aït Ben Haddou

Après notre immersion dans la médina animée de Fès et le calme bleuté de Chefchaouen, il était temps de changer radicalement d’horizon. Nous quittions les ruelles labyrinthiques et l’effervescence des souks pour prendre la route vers le sud du Maroc, avec une destination qui faisait rêver depuis le début du voyage : le désert de Merzouga.

Ce départ avait un goût d’aventure. Plus nous nous éloignions de Fès, plus les paysages devenaient vastes et minéraux. La route semblait nous entraîner progressivement vers un autre monde, loin de la densité des villes et plus proche des grands espaces que l’on imagine quand on pense au Sahara.

C’est ainsi que commençait notre voyage organisé au Maroc : trois jours de traversée, de contrastes et de découvertes, entre montagnes, oasis, désert et villages authentiques du sud marocain.

Découvrez aussi comment ce programme a été conçu et mes conseils pour organiser un voyage circuit au Maroc : Voyage circuit au Maroc à la Toussaint : Fès, Chefchaouen, désert de Merzouga, Marrakech et Casablanca

Voyage organisé au Maroc : la traversée du Moyen Atlas

Le choc thermique et la diversité des paysages

Le voyage vers le Grand Sud est une traversée spectaculaire qui rappelle que le Maroc est une terre de contrastes permanents. C’est un véritable festival visuel qui s’offre à nous depuis la fenêtre du véhicule. Au fil de la route, le décor se métamorphose radicalement, bousculant les clichés habituels sur le climat et les paysages marocains.

Alors que la ville de Fès affichait une température printanière d’environ 20°C en journée, le thermomètre s’est mis à chuter drastiquement à mesure que notre voiture grimpait les lacets du Moyen Atlas.

Nous avons été surpris de voir une fine couche de neige fraîche saupoudrer les reliefs et la végétation environnante. C’est un spectacle saisissant qui offre un visage totalement inattendu du pays. Un conseil pour les futurs voyageurs : gardez une veste à portée de main, car en altitude, le froid est bien réel !

Moyen Atlas, Maroc

Mais la montagne ne nous a pas offert que de la neige. Ce trajet est une succession de tableaux variés.

En redescendant vers le sud, les paysages sont devenus de plus en plus arides. L’ocre des plaines et des plateaux lunaires a fini par dominer l’horizon. De temps en temps, nous traversions quelques villages et passions à côté de marchés locaux, témoins d’une vie rurale authentique.

Cette journée de route est, à elle seule, une immersion profonde dans la diversité marocaine.

L’oasis de la vallée du Ziz

Après la traversée des plateaux minéraux, la route plongeait vers le sud et nous a offert un point de vue marquant : le panorama sur la vallée du Ziz.

C’est ici que le relief se creuse pour laisser place à un tableau majestueux. Depuis le belvédère situé au sommet de la falaise, on domine une immense palmeraie qui serpente au creux d’un canyon encaissé. Le vert profond des milliers de palmiers se détache nettement sur la roche rouge qui les surplombe. Cette longue traînée de végétation est le signal clair que nous laissons derrière nous les reliefs de l’Atlas pour entrer pleinement dans le Maroc présaharien.

Vallée du Ziz, Maroc

Désert de Merzouga : expérience entre magie et réalité

L’immersion dans le désert de Merzouga

Après des heures de route à travers montagnes et plateaux désertiques, l’arrivée à Merzouga a enfin marqué l’entrée dans le paysage que l’on imagine quand on pense au Sahara.

À l’horizon apparaissaient les grandes dunes orangées de l’Erg Chebbi, le désert de Merzouga, ces vagues de sable sculptées par le vent qui s’étendent au pied du village.

Pendant la route, notre guide nous avait expliqué que l’Erg Chebbi mesure environ 22 kilomètres de long pour seulement 5 kilomètres de large. Sur le moment, cette information restait assez abstraite. Ce n’est qu’en montant sur les dunes que j’ai vraiment réalisé ce que cela signifiait.

Ayant déjà vu des déserts beaucoup plus vastes, notamment en Chine, je m’attendais à une mer de sable infinie. En réalité, le désert de Merzouga est relativement concentré. Depuis les sommets des dunes, on distinguait les villages alentours ou les routes qui bordent le désert. Nous avons également croisé plusieurs groupes de visiteurs venus d’autres excursions organisées. L’impression d’être complètement seul au monde était donc un peu différente de l’image que l’on peut se faire du Sahara.

Cela dit, l’expérience restait malgré tout très agréable. Pour rejoindre notre campement, nous avons laissé la voiture à l’entrée du désert et poursuivi la route à dos de dromadaire. La caravane s’est mise en marche lentement à travers les dunes, au rythme tranquille des animaux.

Le sable absorbait presque tous les bruits. Seuls les pas feutrés des dromadaires et le souffle léger du vent accompagnaient la marche. Pendant cette traversée d’environ une heure, malgré la présence d’autres groupes au loin, nous avons finalement retrouvé ces moments de calme qui font tout le charme du désert.

Que faire dans l’Erg Chebbi lors d’un voyage organisé au Maroc

Après un moment de marche dans les dunes, notre guide a fait arrêter la caravane de dromadaires au sommet d’une grande crête de sable. Tout le monde est descendu pour profiter du paysage. Devant nous, les dunes de l’Erg Chebbi s’étendaient dans toutes les directions, avec ces courbes parfaites sculptées par le vent. C’était clairement le moment des photos.

Le guide en a profité pour sortir une planche de sandboard et nous proposer de tester la glisse sur le sable. Si la descente était plutôt ludique, remonter la dune avec les pieds enfoncés dans le sable, le sandboard sous le bras, était un peu plus sportif.

Après la séance de photos et le sandboard, nous avons repris la marche pour rejoindre une autre crête, juste à temps pour le coucher de soleil. Peu à peu, la lumière a changé. Les dunes sont passées du jaune au doré, puis à un orange plus profond. Sous les dernières lumières de la journée, les dromadaires se reposaient tandis nous appréciions tous ce spectacle magnifique. L’ambiance était sereine et paisible.

Coucher de soleil à Merzouga

Une fois le soleil couché, notre guide nous a demandé de remonter sur les dromadaires pour terminer la traversée. Nous avons finalement rejoint le campement quelques minutes plus tard, alors que la nuit tombait doucement sur le désert.

Campement au désert de Merzouga

La soirée s’est ensuite déroulée sous la grande tente du campement : dîner, musique et percussions autour du feu. L’ambiance était conviviale et assez festive. Le repas était correct, sans être exceptionne. En revanche, notre tente était « de luxe ». Le confort y était impressionnant quand on pense que nous étions tout de même au milieu du désert : de vrais lits, de l’espace et même des sanitaires privés.

Le lendemain matin, nous sommes repartis dans les dunes très tôt pour assister au lever de soleil sur le désert. L’air était encore frais et il faisait presque nuit lorsque nous sommes remontés sur les dromadaires.

Avancer dans les dunes dans cette lumière encore sombre était une sensation assez particulière. Le silence du désert, la file de dromadaires et le rythme lent de la marche donnaient presque l’impression de suivre une ancienne caravane traversant le Sahara.

Nous nous sommes arrêtés sur une crête. La lumière revenait doucement et révélait les reliefs du sable. Le temps semblait passer plus lentement que la veille au soir, comme si le désert prenait le temps de se réveiller.

C’était une très belle manière de terminer cette nuit dans l’Erg Chebbi avant de reprendre la route pour la suite du voyage.

Ramener du sable du Sahara : l’astuce pour éviter les pièges

Pendant l’excursion dans le désert de Merzouga, on nous a proposé un souvenir assez classique : les petits flacons de sable du Sahara. Jolis et symboliques, mais vendus environ 10 € le flacon !

C’était très tentant, mais un flacon d’à peine 6 cm de haut à 10 €, ça fait mal au portefeuille. Nous avons donc trouvé une solution beaucoup plus économique.

Comme nous étions directement dans les dunes, il suffisait tout simplement de ramasser un peu de sable nous-mêmes. Une petite bouteille d’eau vide faisait parfaitement l’affaire. Le sable du désert est très fin et propre, et cela permet de garder un souvenir beaucoup plus authentique de l’expérience.

Ensuite, si vous voulez faire de jolis petits flacons comme ceux vendus sur place, sachez que les flacons vides coûtent seulement quelques dizaines de centimes dans les petits magasins de souvenirs en ville. Nous en avons acheté deux pour les remplir tranquillement à la maison. Nous avons également acheté un sablier vide pour créer notre propre souvenir unique.

Flacons de sable du désert Merzouga, Maroc

Erfoud, Tinghir et gorges du Toudra : un autre visage du sud marocain

Après notre nuit dans le désert de Merzouga et le lever de soleil sur les dunes, nous avons repris la route pour continuer notre circuit vers l’ouest.

En quittant les grandes dunes de l’Erg Chebbi, le paysage changeait progressivement. Le sable disparaissait pour laisser place à un décor plus minéral, fait de plateaux rocheux, de villages isolés et de palmeraies éparses.

Les fossiles du désert : un musée étonnant en pleine région saharienne

La région autour d’Erfoud est connue pour une particularité assez surprenante : ses fossiles vieux de plusieurs centaines de millions d’années. Nous avons fait un arrêt dans un musée-boutique consacré à ces trésors géologiques.

À l’intérieur, les vitrines et les ateliers présentaient toutes sortes de pièces : ammonites géantes, plaques de pierre incrustées de fossiles, assiettes décoratives polies dans la pierre… C’était impressionnant de voir la quantité de fossiles extraits dans cette région, et surtout mis en vente !

Les prix n’étaient pas excessifs s’il s’agit de vrais fossiles, mais nous avons préféré rester prudents. Sans connaître précisément l’authenticité des pièces ni la réglementation pour les rapporter en Europe, nous avons finalement décidé de ne rien acheter.

Erfoud : un aperçu de la vie dans un village du désert

Notre voyage organisé nous a ensuite conduits à Erfoud, une ville saharienne entourée de paysages arides et de palmeraies. Ici, on ressent davantage la réalité de la vie dans ces régions désertiques. Les villages sont plus modestes et l’environnement beaucoup plus rude que dans les grandes villes du nord du Maroc.

Erfoud, Maroc

Nous avons fait une petite balade accompagnée d’un guide local qui nous a expliqué comment les habitants vivent dans cet environnement. Il nous a notamment parlé du système d’irrigation traditionnel et de l’importance des oasis pour l’agriculture.

Nous avons également visité une coopérative de tapis berbères, où plusieurs femmes travaillaient sur des métiers à tisser. Le chef de la coopérative nous a servi du thé et montré différents tapis faits main. Les prix étaient corrects et certains motifs très jolis. Mais ne voyant pas où on pourrait les mettre à la maison, nous n’avons rien acheté.

coopérative de tapis berbères à Erfoud

Les gorges du Toudra : des falaises impressionnantes

En continuant la route vers l’ouest, nous avons atteint l’un des paysages les plus spectaculaires de la région : les gorges du Toudra.

La route se resserre soudain entre deux immenses falaises de pierre qui s’élèvent de part et d’autre de la vallée. Certaines parois dépassent les 150 mètres de hauteur, ce qui donne une impression assez vertigineuse lorsqu’on se trouve au fond de la gorge.

Nous avons pris le temps de marcher un peu dans ce passage naturel et de profiter de la fraîcheur relative de l’endroit avant de reprendre la route pour l’hôtel près d’Ouarzazate.

Gorges du Toudra, Maroc

Ouarzazate et Aït Ben Haddou : sur la route du cinéma et du patrimoine

Ouarzazate : visite des Atlas Studios ou temps libre dans un voyage organisé

Le lendemain matin, direction Ouarzazate.

La ville est souvent surnommée la porte du désert, mais elle est surtout connue pour ses studios de cinéma, les célèbres Atlas Studios. De nombreux films et séries y ont été tournés grâce aux paysages désertiques de la région et aux grands décors construits sur place.

Ouarzazate, Maroc

La visite des studios faisait partie des activités optionnelles payantes proposées dans le programme. Nous ne souhaitions pas spécialement voir des décors artificiels, donc nous n’avons pas choisi cette option. D’après ceux du groupe qui l’ont faite, la visite était tout de même très intéressante, surtout si vous êtes fan de cinéma. On peut notamment prendre de jolies photos avec les décors de certains films.

Pour ceux qui ne visitaient pas les studios, nous avions simplement du temps libre. Mais il n’y avait pas grand-chose à faire dans les environs. Nous avons pris une quinzaine de minutes pour faire le tour du petit village en face des studios, et c’était déjà terminé. Le reste du temps, nous sommes restés avec d’autres voyageurs du groupe dans un café local.

Une petite illustration des limites du voyage organisé : lorsque l’activité principale est optionnelle, ceux qui ne participent pas doivent parfois simplement attendre.

Aït Ben Haddou : le coup de cœur culturel

La route a ensuite continué vers Aït Ben Haddou, sans doute l’un des sites les plus emblématiques du sud marocain. Ce ksar classé au patrimoine mondial de l’UNESCO est une ancienne cité fortifiée construite en terre ocre, qui semble littéralement sortir du paysage désertique.

Aït Ben Haddou, Maroc

La visite se fait à pied, en traversant la rivière puis en remontant les ruelles étroites du village. Notre guide nous a expliqué l’histoire de ce lieu qui servait autrefois d’étape importante sur les routes commerciales reliant le Sahara à Marrakech.

Aujourd’hui, le village est surtout devenu célèbre grâce au cinéma. Plusieurs films et séries y ont été tournés, notamment Gladiator ou encore Game of Thrones. Le guide nous a d’ailleurs montré les endroits précis utilisés pour certaines scènes. J’avoue que je n’aurais jamais pu les identifier toute seule !

Les films tournés à Aït Ben Haddou

Les films tournés à Aït Ben Haddou

Mais même si nous n’avons pas réussi à reconnaître les scènes de films ou de séries, cela ne nous a pas empêchés d’apprécier pleinement l’endroit.

Le village est vraiment magnifique : les maisons en terre ocre, les petites boutiques d’artisanat et la vue panoramique depuis les hauteurs du ksar qui permet d’embrasser toute la vallée et les paysages arides autour du site.

Au fil de la montée, nous avons croisé plusieurs petits ateliers d’artistes. L’un d’eux nous a particulièrement marqués.

L’artiste réalisait des dessins en utilisant du piment et du thé comme pigments naturels. Quand ses pinceaux passaient sur le papier, on ne distinguait presque rien. Mais lorsqu’il a approché la feuille d’une flamme, les couleurs sont apparues progressivement, révélant le dessin comme par magie.

C’était à la fois surprenant et fascinant à voir. Nous en avons pris un avec nos prénoms écrits dessus comme souvenir de cette visite inoubliable.

Coopérative d’huile d’argan : dernière étape avant Marrakech

Avant de rejoindre Marrakech, le circuit prévoyait encore un dernier arrêt dans une coopérative d’huile d’argan. L’huile d’argan est l’un des produits les plus connus du Maroc, utilisée aussi bien en cuisine que dans les produits cosmétiques.

Sur place, les femmes de la coopérative nous ont expliqué les différentes étapes de fabrication : la récolte des noix d’argan, leur ouverture, puis l’extraction de l’huile. C’est un travail long et minutieux, souvent réalisé de manière traditionnelle.

Coopérative huile argan, Maroc

Cette coopérative fonctionnait également comme un projet social permettant de soutenir l’emploi féminin dans la région. Après les explications et la dégustation de quelques produits, nous avons repris la route pour arriver à Marrakech en fin d’après-midi, marquant la fin de ces trois jours de circuit entre désert, montagnes et villages du sud marocain.

Ce qu’il faut savoir avant de réserver un voyage organisé vers le désert de Merzouga

Après ces trois jours sur la route entre Fès, le désert de Merzouga, les villages du sud marocain et les montagnes de l’Atlas, nous avons terminé ce circuit avec beaucoup d’images et d’émotion en tête. Les paysages ont été extrêmement variés : neige dans le Moyen Atlas, oasis verdoyantes, dunes dorées, villages berbères, gorges impressionnantes et villages en terre ocre.

Ce type de voyage organisé au Maroc permet clairement de voir beaucoup de choses en peu de temps. Les longues distances dans le sud du pays rendent l’organisation parfois compliquée si l’on voyage seul, et le voyage en circuit simplifie énormément la logistique : transport, itinéraire et visites sont déjà planifiés.

Mais il faut aussi garder des attentes réalistes et tolérer un rythme plus soutenu. Les journées peuvent commencer tôt et les arrêts s’enchaînent rapidement. Il est donc important de bien choisir son circuit : durée, niveau de confort des hébergements, taille du groupe ou encore le temps passé sur la route peuvent vraiment changer l’expérience.

Malgré ces petits compromis, cette traversée reste une expérience marquante de notre voyage. Elle nous a permis de découvrir des régions du Maroc très différentes de celles des grandes villes et d’avoir un aperçu assez complet des paysages du pays.

Après cette parenthèse entre désert et montagnes, notre voyage continuait avec une atmosphère totalement différente : l’arrivée à Marrakech, puis la découverte de Casablanca, dernière étape de notre circuit marocain.

Cet article vous a plu ? Partagez le :
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Découvrir d'autres destinations

LE CLOS NORMAND, maison Monet à Giverny

Partez à la rencontre des paysages qui ont inspiré Claude Monet, fondateur de l’impressionnisme. Une visite de sa maison, ses jardins et sa boutique pleine de charme.

Château de Chamarande

Nature, art et calme à 40 min de Paris : découvrez le Domaine de Chamarande, un lieu idéal pour une balade, un pique-nique ou une sortie en famille ou en couple, loin de la foule.