Les champs de lavande sont l’un des paysages les plus emblématiques de la Provence. Chaque été, de nombreux visiteurs viennent y admirer ces étendues violettes et respirer leur parfum.
Nous faisons partie de ces admirateurs.
À la mi-juillet, nous avons séjourné au Château Ferrassières, un gîte situé à moins de 10 minutes de route de Sault en Provence. Ce petit village s’étend sur un plateau où la lavande est la culture principale.
Nous avons marché au milieu des champs de lavande, photographié de magnifiques panoramas sur le plateau, et visité une distillerie pour comprendre comment la fleur devient huile essentielle.
Si vous souhaitez organiser un séjour comme le nôtre, je vous invite à lire mon article « Route de la lavande en Provence : notre itinéraire de 4 jours » pour y retrouver notre itinéraire et nos conseils pratiques.
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TogglePerché sur un promontoire rocheux, Sault a été établi au XIe siècle pour se protéger des invasions. Il domine aujourd’hui des champs de lavande, de lavandin et de petit épeautre. Le village garde quelques traces de son passé : trois tours de l’ancien château, des vestiges de remparts et l’église Notre-Dame-de-la-Tour, construite au début du XIIe siècle et classée monument historique.
Nous avons consacré une partie de la matinée à son centre, avant d’y déjeuner. Il se parcourt facilement à pied. On y trouve quelques cafés et restaurants, ainsi que des boutiques de souvenirs qui proposent de beaux produits à base de lavande : huiles essentielles, savons, sachets parfumés ou miel local. Si vous êtes de passage un mercredi matin, le marché provençal, qui se tient depuis 1515, permet de rencontrer de petits producteurs de la région. Notre séjour se déroulant sur un long week-end, nous n’avons pas pu en profiter.
Mais Sault en Provence ne se visite pas seulement pour ses ruelles. Ce qui fait vraiment son intérêt, ce sont les champs de lavande qui l’entourent, à quelques minutes seulement.
À deux pas du village, la distillerie Vallon des Lavandes est entourée de champs en accès libre, où l’on peut se promener à son rythme. En cette mi-juillet, la récolte avait déjà commencé : certaines parcelles viraient au jaune, tandis que d’autres, environ la moitié, gardaient encore leur beau violet. Le parfum de la lavande embaumait l’air, un vrai plaisir à chaque respiration. Sur les chemins, nous avons croisé pas mal de randonneurs et de cyclistes, mais aucun groupe de touristes.
Le plateau de Sault se découvre d’ailleurs très bien à vélo, grâce à plusieurs itinéraires balisés qui traversent les champs de lavande. Nous n’avions pas prévu cette option, mais si nous avions eu davantage de temps, nous aurions volontiers loué un vélo.
Sault n’a pas l’exclusivité des champs de lavande. Dans la région, surtout en altitude, on en croise un peu partout. Il suffisait de passer d’un village à l’autre pour tomber sur de très beaux champs, et c’est ce qui fait tout le charme d’un road trip sur la route de la lavande en Provence.
Tous ne sont pourtant pas au même stade. Plus on descend en altitude, plus les champs sont déjà récoltés, et le violet laisse place au vert ou au jaune. Sault reste l’un des secteurs où la couleur violette dure le plus longtemps.
Plus bas encore, dans la plaine, les paysages changent : la lavande cède peu à peu la place aux oliviers, aux abricotiers et à d’autres cultures. Seule exception : l’Abbaye de Sénanque, nichée dans un vallon près de Gordes, dans le Luberon. Les champs qui s’étendent devant elle sont volontairement préservés pour les visiteurs.
Partout, la route reste très agréable, entre paysages typiquement provençaux et concert de cigales qui nous rappelait que nous étions en plein été. Une vraie sensation de vacances.
Pour admirer le plateau de Sault dans son ensemble, rendez-vous au Belvédère de Saint Jean, juste au-dessus du hameau de Saint Jean de Sault, en direction de Saint Saturnin lès Apt.
De là-haut, le regard embrasse les champs du plateau, avec le Mont Ventoux en toile de fond. Le paysage prend des allures de mosaïque, entre champs de lavande et petit épeautre.
Si les champs de lavande nous attiraient, l’histoire de cette fleur et la fabrication de sa fameuse huile essentielle nous intéressaient tout autant. Une visite de distillerie s’imposait. Notre choix s’est porté sur la distillerie Vallon des Lavandes, à deux minutes du village de Sault.
Comme les informations en ligne étaient maigres, nous avons décidé d’aller voir directement sur place. Quelques minutes après notre arrivée devant la porte, une personne est venue à notre rencontre : la visite était possible, sans réservation. D’autres curieux nous ont rejoints, et c’est en petit groupe, avec un salarié de la distillerie, que nous avons commencé.
Si vous tentez votre chance à votre tour, voici ce qu’il faut savoir. La visite est gratuite. En juillet et en août, des visites guidées ont lieu tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h, et des démonstrations sont proposées les mercredis et les samedis. Le reste de l’année, la visite se fait sur rendez-vous.
Avant cette visite, nous ignorions qu’il existait trois variétés de lavande. Nous ne connaissions que la lavande vraie, et nous pensions que tous les produits à base de lavande en étaient issus. Notre guide nous a expliqué qu’il en existe en réalité trois principales : la lavande vraie, le lavandin ou la lavande aspic.
La lavande vraie, aussi appelée lavande fine, est celle que l’on associe aux bienfaits de la plante. Son huile essentielle, au parfum floral et délicat, est réputée apaisante et favorise le sommeil. On lui prête aussi des vertus sur la peau, notamment pour calmer les brûlures et les piqûres d’insectes. Elle pousse en altitude, au-dessus de 800 mètres environ, ce qui explique sa présence sur le plateau de Sault. Dans un champ, on la reconnaît à sa taille plus petite et à son épi unique par tige.
Le lavandin est un hybride, issu du croisement entre la lavande vraie et la lavande aspic. Il pousse plus bas, entre 200 et 800 mètres, et se reconnaît à sa taille plus haute, à ses épis fournis et à la couleur uniforme de ses champs. Son parfum est plus puissant, mais plus camphré. C’est la variété la plus cultivée en France : dans le sud, elle occupe environ 80 % des surfaces de lavande. Sa production est majoritairement industrielle, destinée aux produits ménagers, aux savons, aux lessives et aux sachets pour le linge. En aromathérapie, on l’emploie surtout contre les tensions musculaires et comme répulsif. Sa teneur en camphre peut cependant irriter la peau, et il vaut mieux éviter de l’’appliquer pure, contrairement à la lavande vraie.
La lavande aspic, enfin, pousse encore plus bas, à moins de 800 mètres. C’est la plus camphrée des trois, et on l’emploie en aromathérapie et en parfumerie. Elle est peu cultivée en France.
Ces différences se retrouvent dans le prix. Le rendement de la lavande vraie en huile essentielle est très faible, ce qui explique son prix plus élevé. À l’inverse, celui du lavandin est de 5 à 10 fois supérieur, ce qui rend son huile bien moins chère.
Après la présentation des variétés de lavande, avec démonstration à l’appui, la visite nous a menés devant les machines. L’installation était impressionnante, et la fabrication restait entièrement artisanale. Le guide nous a expliqué le processus étape par étape.
Tout repose sur la distillation à la vapeur. Les fleurs, tassées dans de grandes cuves, sont traversées par de la vapeur d’eau qui entraîne avec elle l’huile essentielle. En refroidissant, cette vapeur se condense et le mélange se sépare : l’huile, plus légère, flotte à la surface de l’eau florale, qu’on appelle l’hydrolat. D’après la distillerie, la lavande sèche d’abord naturellement au soleil. Une fois distillée, la paille sert ensuite de combustible pour produire la vapeur.
La visite se termine à la boutique, toute petite, avec une sélection courte : de l’huile essentielle, des savons, des brins de lavande séchée, ainsi que quelques accessoires aux motifs de lavande.
Le rapport qualité-prix y est très bon. Je vous conseille de faire vos achats de lavande ici plutôt que dans les boutiques de souvenirs, pour le prix comme pour l’authenticité du produit. La distillerie Vallon des Lavandes est d’ailleurs engagée dans une démarche de développement durable (CENSO), un gage supplémentaire de qualité.
Si vous voulez voir les champs de lavande encore violets, la date de la récolte compte autant que celle de la floraison. À Sault, elle débute en général un peu avant la mi-juillet, d’abord à la faucille pour les bouquets, puis à la machine. Le plateau étant en altitude, elle y arrive plus tard qu’ailleurs dans la région.
Elle dépend aussi de la météo de l’année. Comme il avait fait chaud en juin cette année : la floraison avait commencé plus tôt, et la récolte aussi. C’est ainsi que lors de notre passage, autour du 12 juillet, la moitié des champs étaient déjà coupés et jaunes.
Si vous arrivez après la coupe, tout n’est pas perdu. C’est le moment où l’on distille, et plusieurs distilleries ouvrent leurs portes pour expliquer la fabrication de l’huile essentielle. Le 15 août, Sault organise aussi sa fête de la lavande. Elle marque traditionnellement la fin de la récolte sur le plateau, avec un concours de coupe à la faucille, des tracteurs anciens décorés et un marché de producteurs.
Je vous recommande vivement de visiter une distillerie. Choisissez-la selon le secteur où vous séjournez, et de préférence artisanale ou familiale. On y apprend beaucoup de choses sur la lavande et ses produits, et le contact avec les producteurs y est plus authentique.
Le musée de la lavande est un autre bon complément. La visite y est plus ludique, avec des démonstrations qui plaisent aussi aux enfants. On y voit des machines et on y découvre l’histoire de cette culture. Je vous raconte tout dans mon article sur le Musée de la Lavande et l’Abbaye de Sénanque.
Les champs de lavande sont avant tout des cultures, qui font vivre des familles. Quelques gestes simples suffisent à les respecter :
Voir les champs de lavande était le premier objectif de notre séjour à Sault. Mais ce qui l’a rendu si riche, c’est tout ce qui gravite autour de cette fleur : ses variétés, la distillation, ses nombreux usages et le savoir-faire de ceux qui la cultivent. Ajoutées aux autres visites de la région, ces découvertes ont donné une vraie profondeur à notre itinéraire.
Si vous préparez votre propre route de lavande, laissez de la place à ces moments. Ils donnent plus de sens aux magnifiques photos de champs que vous auriez prises.
Et si vous avez déjà visité les champs de lavande en Provence, racontez-moi votre expérience en commentaire, et partagez vos bons plans !
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